La fève et féverole sont cultivées partout dans le Maroc. Ces espèces d’hiver peuvent être cultivées comme légume vert ou encore à l’état sec après maturité des gousses. Dans ce sens, les superficies occupées par les cultures de fève/féverole oscillent entre 80.000 et 200.000ha, en fonction des campagnes agricoles. Quant à la production, elle varie entre 1,40 millions Qx pour la campagne agricole 2016-2017 et 1,48 millions Qx pour l’année de 2017-2018. La variation des rendements d’une année à l’autre s’explique par plusieurs facteurs climatiques, notamment la pluie.
Nom binominal : Vicia faba L.
Famille : Fabaceae
Sous-famille : Faboideae
Genre : Vicia
Espèce : Vicia faba

La culture de la fève/féverole préfère des sols profonds avec pH neutre à peu acide. Généralement les sols préconisés pour la culture sont les suivants :
La fève/féverole tolère les basses températures (jusqu’à -4 °C). Par contre, elle craint les fortes chaleurs et en particulier dans les conditions de sécheresse.
La fève/fèverole est sensible au manque d’eau et exige une alimentation hydrique régulière supérieure à 350 mm/an. Généralement un total d’eau entre 250 à 400 mm/an est nécessaire, selon le climat, le type de sol et le matériel génétique adopté.
Il est déconseillé d’irriguer la fève pendant les deux premières semaines qui suivent le semis, vu qu’un excès d’eau à ce stade réduit la croissance de la culture et augmente les risques de pourriture des racines.
Il est recommandé d’effectuer les irrigations tôt le matin pour laisser le temps au feuillage des plantes de sécher avant la tombée de la nuit.
La fève et féverole sont qualifiés comme étant des bons précédents culturaux par rapport aux blés (blé tendre et blé dur) dans les zones semi-arides et intermédiaires ayant des sols relativement profonds.
Les rotations culturales recommandées pour les différentes zones agro-climatiques du Maroc :
Les principaux critères de choix des variétés de la fève/féverole au Maroc sont : la zone agro-écologique, la précocité, la tolérance aux stresses abiotiques et biotiques et la productivité.
Pour favoriser l’aération du sol , il doit être préparé sur une profondeur de 20 à 25 cm. Cela assure un bon développement des racines et facilite le drainage de l’eau.
La réalisation d’une bonne préparation du sol peut se faire de la façon suivante :
Labour
Un travail du sol précoce en utilisant le chisel ou la charrue à disque/socs est nécessaire. Pour être plus précis, cette opération doit avoir lieu entre Mai-juin dans le cas des sols Dehs du Gharb et de Septembre - début Octobre pour les zones du Bour favorable et intermédiaire.
Préparation du « lit » de semences
Le travail superficiel du sol sur une profondeur de 5 à 10 cm permet de bien préparer les lits de semences et d’assurer également une bonne levée des jeunes plantules. Il est réalisé à l’aide d’outils attelés à dents (cultivateurs légers), à pointes (herse) ou à disques (pulvériseurs) tel que le cover crop.
La période de semis propice pour la fève se situe entre début Novembre (semis précoce) et fin Décembre (semis tardif). Il est extrêmement important de noter que la fève/féverole est très sensible au stress hydrique, aux gelées et aux températures élevées. La sensibilité est accentuée durant la phase critique de floraison. Sur ce, il faut veiller à ce que les conditions de développement de la fève/féverole soient favorables pour pouvoir atteindre des résultats satisfaisants sur les deux plans quantitatif et qualitatif.
Les dates de semis recommandées pour la culture de la fève/féverole sont les suivants :
Les besoins moyens de la fève et fèvrole en éléments majeurs NPK pour chaque quintal sont de l'ordre de :
• 2.5-3.5 unités de phosphore (en P2O5)
• 4.2-5.5 unités de potassium (K2O)
Quant à l'azote, les légumineuses sont des plantes fixatrices de l'azote atmosphérique. Sur ce, il est conseillé d’apporter une petite quantité de 10 à 20 kg/ha d’azote (selon la nature du sol et sa fertilité) en tant que starter au moment de semis. Cette quantité répond parfaitement aux besoins de la culture en question, avant le développement des nodosités au niveau de leur système racinaire. C’est pour cette raison, qu’il n’est pas recommandé d’apporter les engrais de couverture pour les légumineuses.
Grâce aux travaux fertimap, des formules régionales ont été élaborées pour les cultures de légumineuses.
Les légumineuses sont caractérisées par la fixation d’azote atmosphérique grâce à la symbiose avec une bactérie (Rhizobium) présente dans le sol. Cette symbiose permet à la culture de bénéficier d’une quantité importante d’azote pour répondre à leur besoin. Entre autres, les légumineuses ont besoins d’un apport d’azote d’environ 10 unités au début du cycle en attendant la formation des nodosités. Cette quantité est communément appelée Starter. ccc
A la lumière des grandes cultures, la fève est aussi cibles de plusieurs attaques des bio-agresseurs.
Les principaux ennemis de la culture sont :
1. Les mauvaises herbes.
2. L'orobanche.
3. Les maladies fongiques à savoir : le botrytis, l'anthracnose, les rouilles et le mildiou....
4. Les Insectes et ravageurs tel que le puceron noir de la fève.
La culture de la fève au Maroc est exposée à un nombre très important de mauvaises herbes. Dans ce sens, 242 espèces de mauvaises herbes ont été notifiées au niveau des parcelles.

Actuellement la lutte chimique contre les mauvaises herbes de fève/féverole, dispose d’une multitude de matières actives de pré et post levée.
La gestion des mauvaises herbes doit obligatoirement s’effectuer sur la base d’un programme de lutte intégrée incluant les opérations de binages réguliers, la technique de faux semis ainsi que l’alternance des matières actives utilisées.
L'orobanche est une plante parasite, dépourvue de la chlorophylle. Elle s'attaque à une plante, dite hôte (légumineuses), et se développe au détriment de cette dernière. La fève/féverole est l’une des cultures fortement menacées et attaquées par ce parasite.
L’orobanche, qui est aussi appelé Halouk, L’Outed, Ben Nabbou ou Farôun selon les régions, est l’un des ennemis les plus redoutables des légumineuses (le déclin des superficies des légumineuses au Maroc est également dû à ce fléau).
Il s’agit d’une plante holoparasite, c’est-à-dire qu’elle est non-chlorophyllienne, qui prélève la matière organique, l’eau et les sels minéraux dont elle a besoin à partir d'une plante hôte.
Cette plante-parasite appartient à la famille des Orobanchaceae qui regroupe 4 espèces principales et qui sont les suivantes :
• O. crenata est l’un des principaux obstacles dans la culture de la fève mais aussi des lentilles, petits pois et dans une moindre mesure des pois chiches et haricots verts ;
• O. aegyptiaca et O. ramosa attaquent principalement la tomate, le tabac, le melon, la pomme de terre et les lentilles ;
• O. cernua et O. cumana infestent surtout le tournesol mais aussi le tabac, l’aubergine et la tomate ;
• O. foetida parasite les cultures de luzerne et fève.
Le problème relatif à l’orobanche est généralisé partout dans les zones qui cultivent les légumineuses à l’échelle nationale.
Certains insectes phytophages et champignons tels que la Fusarium oxysporum f. sp. orthoceras ont été signalés comme agents parasites de l'orobanche.
Le glyphosate est un herbicide systémique total qui a confirmé son efficacité. Les herbicides du groupe des imidazolinones ont donné des résultats satisfaisants pour le contrôle de l'orobanche en application prélevée et post-levée.
Dans ce sens, nombreuses sont les études qui ont été faites au Maroc, et qui ont permis de conclure que le glyphosate appliqué en deux traitement espacés de 15 jours, est à l’origine d’une efficacité optimale, à condition que les traitements soient faits durant le stade adéquat : Début floraison.
La culture de la fève/féverole est sujette à diverses maladies, dont les plus répandues sont les maladies fongiques.
La lutte se base essentiellement sur l’adoption d’une stratégie qui intègre:
Utilisation des variétés résistantes/tolérantes et adaptées afin d’éviter et minimiser l’utilisation massive des pesticides, réduire le coût de production et rassurer les consommateurs vis-à-vis de la qualité du produit.
La lutte chimique en fève commence par le traitement de semences. Les maladies foliaires telles que les rouilles, le botrytis et la pourriture sclérotique peuvent être maîtrisées avec un ou plusieurs traitements fongicides.
La récolte peut être destinée à plusieurs fins selon l’objectif de production :
Pour les grains, la récolte de toute la plante se réalise de façon manuelle ou mécanique à l’aide d’une faucheuse lorsque les gousses atteint leur maturité reflétée par un brunissement. L’opération de récolte doit être effectuée au moment où la teneur des graines en humidité avoisine les 15%. Le battage des gousses après récolte s’effectue à la machine ou sur une aire de battage.
L'opération peut être entièrement mécanisée dans le cas de la féverole, ce qui reste difficile pour la fève à graine large (non concassée).
Les légumineuses sont plus sensibles aux conditions de stockage que les céréales. Dommages mécaniques, haute température, humidité relative élevée, haute teneur en humidité des graines, exposition à la lumière et période de stockage prolongée sont autant de conditions nuisibles à la qualité des graines.
Les bruches chinoises (Callosobruchus chinensis) sont les principaux insectes qui attaquent les légumineuses dans les aires de stockage.