La pomme de terre est la première culture maraîchère du point de vue superficie et production à l’échelle nationale. La superficie emblavée par la pomme de terre est de 60 000 ha soit 25% de la superficie maraîchère totale.
Nom binominal : Solanum tuberosum
Famille : Solanaceae
Sous famille : Solanoideae
Genre : Solanum
Espèce : Tuberosum
La pomme de terre est très sensible au gel. Le zéro de végétation est compris entre 6 et 8°C. Les températures optimales de croissance des tubercules se situent aux alentours de 18°C le jour et 12°C la nuit.
Une température du sol supérieure à 25°C est défavorable à la tubérisation.
Une photopériode inférieure à 12h favorise la tubérisation.
La plupart des sols conviennent à la culture de la pomme de terre, à condition qu'ils soient bien drainés et profonds.
Le respect d’une rotation culturale est primordial pour éviter un certain nombre de problèmes phytosanitaires, conserver et améliorer les caractéristiques physico-chimiques du sol.
Au Maroc, il est primordiale de ne pas cultiver les solanacées en monoculture sur la même parcelle. Les rotations les plus recommandées sont :
Les variétés de la pomme de terre utilisées au Maroc sont nombreuses selon leur mode de production (primeur, de saison, tardive ou de montagne) et selon l’utilisation finale de la production (tajine, salade, frites ou autres).
Les variétés les plus communes sont :
Pour le cas de la pomme de terre, la préparation du sol s’effectue en 3 étapes à savoir : Labour profond, préparation du lit de semences puis confection des lignes de plantation. La préparation du lit de semence est plus facile à réaliser dans un sol léger que dans un sol lourd. L'épandage de la fumure organique et des engrais phospho-potassiques est réalisé après le passage de la charrue suivie par l'opération de billonnage. Le billonnage est une opération qui consiste à accoler deux à deux les bandes retournées pour former un billon.
Dans les conditions de production dans les zones agricoles au Maroc, un labour profond de 30 à 40 cm est nécessaire et un émottage fin est souhaitable afin de permettre un bon développement racinaire et un buttage facile.
La séquence de travail recommandée dépend généralement de la texture du sol. Plus le sol est lourd, plus un labour en deux passages croisés (où l’engrais de fond est installé entre les deux passages) requis. Si le sol est très meuble, un seul passage simple permet d’avoir un sol bien préparé.
La préparation des buttes de plantation a comme objectif de donner à la pomme de terre un volume important de sol en surface afin de développer ses tubercules.
Globalement, un volume de 600 à 650 cm3 de sol est nécessaire pour un bon développement des tubercules.

La densité de semis dépend essentiellement du calibre. Une semence de calibre 35-55 mm pré-germée produit approximativement 5 à 6 tiges principales. Pour une bonne occupation du sol, 4 à 5 plants/m² est une densité optimale.
Avec une distance de 70 cm entre les lignes et 30 cm entre les plants, une quantité d'environ 2 000 à 2 500 kg de semences est nécessaire pour planter un hectare.
Les besoins hydriques de la pomme de terre s'évaluent entre 400 et 600 mm selon les conditions climatiques, le type de sol et la longueur du cycle.
Au cours de la germination, le besoin en eau est faible. De ce stade jusqu'à la formation des tubercules, l'irrigation doit être arrêtée à un intervalle très court, 6 à 7 jours en sol léger et 12 à 15 jours en sol lourd.
Pour tous les types de cultures(primeurs, saison ou tardif), l'irrigation doit être arrêtée 10 à 20 jours avant la récolte.
Quant au calendrier des besoins, plusieurs études menées au Maroc permettent de recommander le planning suivant :
De la plantation à la tubérisation : 3 mm/jour.
Épanouissement à la maturité des fruits : 5-6 mm /jour.
Maturité des fruits – fin de cycle : 3-4 mm/jour.
Avant la récolte, il est très important de réduire les irrigations de la culture pour éviter les problèmes de qualité en post récolte.
La pomme de terre est une culture consommatrice d’éléments nutritifs majeurs mais aussi en certains autres éléments secondaires et mineurs tel que le calcium.
Durant sa croissance végétative, elle mobilise jusqu’à 4 kg d’azote et 9 kg de potassium par jour.
Le phosphore, le soufre, le magnésium, le calcium et les oligo-éléments impactent la tubérisation, la productivité et la qualité de la récolte.

La pomme de terre est une des cultures maraîchères les plus convoitées par les ennemis des cultures. Par ailleurs, les maladies fongiques restent de loin les plus nuisibles.
Les principaux ennemis de la pomme de terre sont :
La gestion des mauvaises herbes est également un facteur clé de la réussite de la culture.
La lutte contre les maladies fongiques est basée sur des pulvérisations des fongicides préventifs en période de risque. Une fois que la maladie s’installe, il faut traiter par des fongicides systémiques (il est recommandé d’altérer les familles chimiques de produits de traitements afin d’éviter le phénomène d’accoutumance).
Le désherbage mécanique demeure une bonne solution, souvent empruntée pour contrôler les mauvaises herbes de la pomme de terre.
Les principales espèces rencontrées en pomme de terre sont identiques à celles des grandes cultures.
Les variétés les plus cultivées au Maroc ont un cycle d’environ 3 à 4,5 mois. La maturité est indiquée par le jaunissement des feuilles inférieures, le dessèchement des tiges et la fermeté de la peau de tubercule.
En culture moderne, l’opération de défanage qui peut être soit chimique ou mécanique, permet de limiter l'extension des maladies et facilite la récolte.
L’arrachage des tubercules de pomme de terre doit être réalisée à sec, les tubercules ne doivent pas être trop exposées au soleil. Et ce, afin d'éviter le développement des tâches noires et l'attaque par la teigne.
Les conditions idéales de conservation sont les suivantes :